Je suis fatigué. Fatigué, après cette longue journée d'ennui que j'ai utilisée pour essayer de me motiver. Je n'arrive plus à me concentrer, je ne veux pas travailler. Pas même mon cours de japonais que j'ai découvert la veille sur un site. Mon esprit s'engourdit peu à peu, mes bras se reposent sur le bord de mon bureau. Pourtant, je viens de manger...
-Tes paupières sont lourdes !
Mes yeux se ferment un instant, puis se rouvrent péniblement. J'ai du mal à rester droit, mon buste se penche et ma tête s'alourdit. Le décor de ma chambre s'efface peu à peu, ppuis le bureau, puis la lampe.
-Dort !
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Les larmes coulent. Quelle heure est-il ? Je ne sais pas... je ne sais plus. Une goutte ruisselle le long de ma joue, tombe et se brise. Mes yeux me brûlent, ma tête me fait mal et mon nez commence à couler. Le néant s'installe peu à peu dans ma tête, des voix hurlent à en faire exploser les tympans. Je m'effondre pitoyablement sur le sol, le front légèrement égratigné.
-Lève-toi !
Les hurlements s'intensifient, deviennent de plus en plus aigus. Ma tête va exploser. Je plaque mes mains contre mes tempes en espérant que la douleur parte. Mais c'est trop tard. Elle est déjà entrée dans cette pièce. Le temps s'est comme arrêté, stoppé. Je lève une dernière fois les yeux avec beaucoup de peine. J'essaye de crier mais il ne se passe rien. Rien.
-Fuis !
La panique s'insinue dans mon cerveau et réveille l'instinct de survie animal au plus profond de moi. Il me dit de me lever. Je me lève vivement, le souffle haletant. Il me dit de courir vers le téléphone. Je me précipite vers la cuisine, le cour battant à tout rompre. Je trébuche et plonge la tête la première sur le sol. Je me met à quatre pattes, cherchant à tâtons le téléphone. Il devrais pourtant être par là. J'ai trouvé quelque chose. Mais ce quelque chose est glacial. Je relève ma tête et je contemple avec horreur le spectacle macabre qui se joue à moins d'un mètre de moi. Est-ce un main ? Une main humaine ?
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Il est 18h35. Enioth se demande ce qu'elle peut bien bien faire. C'est pourtant bien elle qui a fixé l'heure de rendez-vous à ce que je sache. Le parc était désert. Les arbres murmuraient quelque discussion futile que le vent rendait sifflante.
Le ciel, parsemé de quelques nuages, semblait s'assombrir à mesure que le temps passait. A ce moment-là, il était d'un ton bleu foncé, tel un drap recouvrant une parcelle de terre flottante au milieu de l'univers. 18h59. Enioth s'est assoupi sur les racines du vieux chêne où il avait rencontré, pour la première fois, celle qui serait pour lui un amour inégalé, une confidente, amie...
Mais si elle ne venait pas, c'est surement quelque chose qui l'en avait empêché. Ainsi le jeune garçon aux piercings ferma les yeux, essayant de chasser de sa pauvre tête les tourments que lui causait son imagination et plaquait ses mains sur sa tête, les yeux en larmes. Suis-je bête, elle ne viendra pas...
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Il ne suffit pas de penser que l'on souffre pour que cette douleur s'estompe, il faut trouver un moyen, une solution qui la fasse disparaître. Ma peine, je la dois à plusieurs choses, comme la solitude qui me hante lorsque mes amis ne sont pas là. Tout ceci est pitoyable. Pourquoi devrais-je m'apitoyer sur mon sort alors que je vis ? Je n'en sais absolument rien. Ah que nenni ! Il est tant d'horreurs que l'adolescence abrite, c'est insupportable, c'est même intolérable. Certains choisissent la mort plutôt que d'endurer cela. Pour ma part, j'ai choisi, pour le moment, la carte de la vie mais l'option opposée reste tout de même d'actualité. Si un jour je devais mourir, je pense que ce serait d'ennui. En effet, cette plate vie parsemée de brefs rayons lumineux me met le moral à bas.
J'ai faim... Et alors ?!! Ce n'est pas une raison pour aller manger ! Plutôt mourir que de supporter, ne serait-ce qu'un seul instant, ce regard méprisant de la foule pendant qu'on tient son plateau en cherchant désespérément une place où s'asseoir. Mais même en étant assis, la sécurité n'est qu'illusoire et certains regards noirs et sourires jaunes fusent et se moquent éperdument de nous... ou plutôt de moi.
Une autre chose pourrait être la source du prolongement de cette peine qui m'envahit. Je l'aime... Je l'aime tellement que chaque moment passé sans elle m'emplit de tristesse et de mélancolie. Je crois que je redeviens emo, ce qui n'est pas vraiment bon signe... J'ai même repensé si j'allais, hier soir, recommencer à me scarifier les avant-bras. Que de malheur en ce bas monde...
C'est à croire que je suis bel et bien une erreur de la nature, vouée à être repoussée telle un monstre tout au long de sa longue et triste agonie qu'est la vie. Une vie triste, certes, mais parsemée de quelques éclaircies qui m'empêchent de franchir le pas, de ne pas courir à ma perte en la rencontrant, Elle, avec sa faux et son linceul crasseux...
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Un homme se promène le long du chemin, dans un parc. Il est 16h, un gros nuage cache momentanément le parc des rayons du soleil. S'ensuit alors une ambiance de semi-obscurité laissant présager une fin d'après-midi sombre et funeste. Le jeune blondinet regarde ostensiblement à gauche, puis à droite à l'aide de ses yeux d'un bleu azur défiant le saphir, et finit par s'arrêter, pétrifié.
Son sang ne fait qu'un tour, une sueur froide court le long de son dos. Son regard azur se porta alors sur son avant-bras: il a la chair de poule. A-t-il réellement vu cette ... chose ? C'est incroyable, incommensurable, indescriptible. Aucun des mots présents dans son vocabulaire ne saurait décrire un tel évènement. Le blondinet essuie son front déjà en sueur et s'assied le dos contre le tronc d'un grand chêne.
Soudain, il sent une forte démangeaison dans le dos. Mécaniquement,, le jeune homme se lève et commence à se gratter le dos. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il se rend compte qu'il s'agit d'une énorme et dense colonie de fourmis rouges. Pris de panique et dans le feu de l'action, le blondinet enlève rapidement son t-shirt bleu et s'engage dans une course effrénée jusqu'à perdre haleine. Il sait maintenant, qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort. Il continue ainsi de courir tout en sachant que quelqu'un ou quelque chose observe attentivement chacun de ses faits et gestes. Par moments, il s'arrête pour reprendre son souffle et regarder si son prédateur n'est pas inaperçu.
A présent, le sourire au lèvres, l'espoir perce jusqu'à son c½ur : on peut apercevoir la route nationale qui mène à la ville. Le garçon cligne alors des yeux un bref instant. Bref, mais largement suffisant pour que son décor, source d'espoir, se transforme en véritable cauchemar : en effet, il n'y a pas de bonheur au milieu du cratère d'un volcan en début d'éruption...
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Il fut une fois une petite violette, aimant à déployer ses jolis pétales sous les doux rayons du soleil. Elle regardait les autres fleurs autour d'elle et, avec un sourire triomphant, se félicitait d'être la plante la plus belle et la plus colorée de la jardinière. Cependant Gros-doigts mit, un jour, une ravissante tulipe jaune en terre juste à côté de la petite violette. Cette dernière, très jalouse de sa nouvelle rivale qui lui souriait d'un air niais, voulut tout d'un coup devenir plus grande, beaucoup plus grande. En effet, sa taille était dérisoire à côté de l'immense tulipe.
Elle commença donc par puiser plus d'eau dans la terre humide de la jardinière. La situation qui suivit en devint presque comique : les larges pétales de la tulipe se regroupaient en hauteur alors que la violette déployait ses tout petits pétales du mieux qu'elle pouvait, si bien qu'on apercevait la totalité de ses étamines. Les jours passèrent et la violette avait poussé de quelques centimètres. Puis un jour, la tulipe se courba pour voir sa voisine mais elle ne vit que l'empreinte d'une des chaussures du bébé Gros-doigts.
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Il était plutôt grand, mince, avec une grâce à chacun de ses mouvements à en faire pâlir les danseurs de Moscou. Cependant, il n'était pas comme les autres garçons, cela se voyait d'ailleurs au premier coup d'½il. En effet, bien que ses cheveux soient noirs naturellement, des mèches rouges et violettes mettaient en valeur un joli contraste. Ses yeux verts, presque cachés par une longue mèche, étaient soulignés par un fin trait au crayon noir. Ces yeux que l'on devinait à peine à travers une tignasse bien coiffée, lui donnaient un air vif mais triste aussi. A ce moment-là, il fixait le la fenêtre de sa chambre, l'air pensif. Ses piercings, symbole de ce qu'il affirmait être et dispersés à divers endroits du visage, lui démangeaient quelquefois, quand il était gêné... Ses goûts vestimentaires pouvaient paraître étranges aux yeux de la "foule", comme il disait, mais pourtant il n'était pas le seul à porter des slims et des t-shirts "serrés". Même ses chaussures étaient serrées à fond ! Selon les gens soit-disant parfaits, il est vrai que nous parlons ici d'un cas assez spécial. Mais lui. Lui, n'était pas du même rang qu'eux : il était quelqu'un.
La musique résonnait dans la chambre. 15h. Pendant que le beau brun était étalé sur son lit moelleux, les hurlements de son chanteur préféré s'engouffraient dans ses oreilles : cela l'apaisait profondément. Il regarda encore une fois les énormes bleus qu'on lui avait cordialement fait moins d'une heure auparavant et les larmes commencèrent à lui brûler les yeux. Il prit alors une fine lame de rasoir et la sang coula, coula.... Mais le mal était toujours là.
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